GR20 Corsica 2000

 

GR20 - Livre d'or


7ème jour : Vendredi 26 mai 2000
Capanelle - Prati - Usciolu


Lever très matinal pour moi, après un bon bivouac au lac de Restonica. Lever de soleil mémorable, je suis bluffé par le reflet de l'eau du lac, presque parfait. Sommet du Renoso, très beau rocher, traversée de pozzines encore plus belles que celles du lac de Melu et rencontre avec le 1er vrai corse bourru ! Un vieux pêcheur, en fait, qui se moque du fait que je marche avec des bâtons. - Bâtons que nous avons tous les 4 trouvé indispensables sur ce GR qui n'est pas de tout repos. Les montées ne se font pas en lacet, ici, mais droit dans la pente. idem pour les descentes... - Inutile d'argumenter, je suis en face du Corse bourru légendaire. Maintenant c'est un ordre qu'il me lance, d'aller au plus vite rejoindre mes collègues sur le GR et de ne plus jamais m'en écarter :-( 

Provisions faites dans un petit refuge-bergerie sur la descente pour faire une surprise aux collègues : sardines, pâté, sucre, thé ... Au Col de Verde, provisions faîtes aussi de sos et de chocolat, ce ne sera pas superflu pour le ventre et le moral des quelques jours qu'il nous reste. Au col de Verde, je suis bientôt rejoint par le reste de la troupe. Nous avons tous croisé nos premiers cochons Corses sur ce parcours.
Le jus d'orange glisse du verre dans l'estomac, presque aussi bien qu'une bière ;-)


Pour nous, l'étape du matin jusque là se résume à une très longue traversée monotone depuis les bergeries de Capanelle.


12.00 a.m., on décide de se taper la montée suivante avant de bouffer.
Au col, la brume maintenant habituelle est là. Bonne bouffe avec le sos supplémentaire.



En redescendant, on s'arrête pour une visite rapide du refuge de Prati (gardé à partir de ce jour). Tout est neuf dans le refuge car ils l'ont refait l'année dernière suite à un incendie dû à la foudre en 1996.


Dans la série Fab ne sait plus comment s'occuper : challenge de rejoindre le refuge en 40 min depuis Bocca Di Laparo (plus de 2H annoncées). Dans l'emportement, en courant dans la descente, il se pôme, pète définitivement un cable et est obligé de remonter à travers des barres rocheuses ...

C'est bien résumé, pétage de plomb, y'en a marre de marcher toute la journée, les marques rouge et blanche disparaissent et me voilà parti dans le mauvais vallon, hors sentier, les mollets griffés pas le maquis. Le moral est en dessous de zéro, que faire ? Je cherche désepérement un "Vous êtes ici!" sur la carte, mais rien. Tiens, de l'eau, je vais me faire un thé. Merde, je n'ai ni cartouche ni briquet. Ce sera un thé glacé ! J'y verrais surement plus clair au sommet de cette crête, quitte à faire un peu d'escalade... Enfin le refuge, je tire la gueule et tente de négocier la fin en 3 jours au lieu de 2, histoire de pas tout gâcher. Nous sommes tous lassés, mais en même temps hanté par l'idée de finir au plus vite: le soleil, la plage, la bière...




Refuge d'Usciolu : beau et confortable, douche salvatrice. Le gardien est sympa et il connait bien notre région (Annecy, Genève ...) et même qu'un ami du beau-fil de la tante de l'ex-gendre à son frère est comis au Macumba ! Ca calme ça hein ! :) Possibilité de ravitaillement au refuge (boissons, sos, fromage ...) il est gardé à partir du 5 mai par intermitance jusqu'à fin mai (date à laquelle il est gardé quotidiennement jusqu'à fin septembre).


La concertation est à l'ordre du jour : "Et si on glandait pour finir le GR ???" plutôt que de passer encore deux journées entières à se plaindre de nos douleurs musculaires ou autres qui se font de plus en plus présentes, cela semble une option intéressante !

Demain sera un autre jour ! En attendant, la baisse de moral est appaisée par une bonne bouffe : quinoa, raisins, ouzo, pâté, pain à profusion, jambon, chocolat, noisettes et amandes au miel Corse ! Autre bon point pour notre moral : Seb sent presque bon ce soir car il s'est douché !!! ;-)


Avant de partir se coucher, Alain prend encore deux bières histoire de nous narguer ... Vengeance viendra ... Terrible elle sera ...

Pour tenter sans relâche d'occuper mes derniers neurones positifs, je veux bivouaquer devant le refuge pour ne pas payer plein pot! Et puis sur les conseils de Binch, je rejoins les matelas douillets à leur côté.